Les chevaux de club : ces athlètes de l’ombre qui nous forment et nous changent

4 Déc 25 | Equestrian brain | 0 commentaires

Temps de lecture : 4 minutes

On parle souvent des chevaux de sport, des chevaux de propriétaires, des poulains prometteurs… Mais il existe une catégorie souvent sous-estimée alors qu’elle forme la majorité des cavaliers : les chevaux de club. Ces maîtres d’école à quatre sabots, capables d’enseigner la technique, la patience, la rigueur… et parfois même l’humilité.

Je monte en club depuis longtemps. Et, aujourd’hui, j’ai une nouvelle partenaire pour la saison, une jument de club que je n’aurais jamais cru aimer autant. 

(Cet article date de 2014. Depuis, j’ai rencontré Alaka avec qui je vis une belle relation depuis 10 ans maintenant !)

Oui, une jument de club. Celle que « tout le monde monte ». Celle dont on me dit parfois en riant : « Mais pourquoi tu t’attaches ? Elle n’est pas à toi ! »

Pourtant… si. Pas sur le papier. Mais dans le cœur, un peu quand même.

Et je pense que beaucoup de cavaliers de club se reconnaîtront là-dedans.

On se moque parfois de ceux qui s’attachent à un cheval de club. Comme si l’affection avait besoin d’un acte de propriété pour exister.

Pourtant, ces chevaux ont ce pouvoir étrange : ils laissent une empreinte sur chacun d’entre nous, même si nous ne sommes que de passage dans leur carrière.

Certains me diront que j’exagère, que j’humanise un peu trop… Peut-être. Mais difficile de ne pas ressentir quelque chose quand tu montes régulièrement le même cheval, que tu vois son regard s’adoucir, que tu reconnais ses petites habitudes, que tu sais quand il est fatigué, quand il est joueur, quand il a passé une mauvaise journée.

Même si elle appartient au club, cette jument fait partie de ma vie équestre. Et comme beaucoup de cavaliers, je suis convaincue qu’elle me reconnaît — à sa manière.

Le véritable statut d’un cheval de club

tre un cheval de club, ce n’est pas juste être monté par plusieurs cavaliers.

C’est un statut à part, qui demande des qualités exceptionnelles :

  • une patience hors du commun
  • une tolérance infinie
  • une capacité à s’adapter en permanence
  • un mental en or
  • et surtout… un cœur XXL

Chaque semaine, ils voient défiler des cavaliers de tous niveaux : du débutant crispé au confirmé exigeant en passant par le petit qui rebondit au trot enlevé.

Ils doivent encaisser les erreurs, les déséquilibres, les mains un peu dures, les talons un peu trop présents.

Ils doivent s’ajuster, corriger, prévenir, pardonner.

Et malgré tout, ils restent là. Disponibles. Calmes. Enseignants.

Franchement… qui d’autre serait capable d’un tel métier ?

Ces chevaux qui nous forment mieux que n’importe quel coach

Les chevaux de club ont ce talent précieux : ils nous apprennent tout sans parler.

  • Ils nous apprennent à nous tenir en selle.
  • Ils nous apprennent la finesse, parce qu’ils ne répondent pas au hasard.
  • Ils nous apprennent la constance, parce qu’ils ne trichent pas.
  • Ils nous apprennent l’écoute, parce qu’ils expriment très clairement ce qui va… et ce qui ne va pas.

Un cheval de club, c’est un professeur.

Un miroir.

Un guide.

Et parfois même, soyons honnêtes… un psy.

La mauvaise réputation… et la réalité

On entend souvent : « Les chevaux de club sont mal soignés. »

C’est un cliché tenace, alimenté par quelques rares structures où les chevaux sont traités comme du matériel.

Mais dans la majorité des centres équestres, c’est tout l’inverse.

Les équipes savent que leur cavalerie est leur trésor. Elles veillent, surveillent, ajustent, investissent… souvent avec des moyens serrés, mais beaucoup de passion.

Et puis il y a les cavaliers.

Les centaines de petites mains qui brossent, soignent, massent, pansent, câlinent.

Un cheval de club, c’est souvent 100 mini-propriétaires qui veillent au grain.

Et ça, c’est beau.

Le cheval de club mérite plus que notre respect : il mérite notre reconnaissance

On leur doit nos premiers trots enlevés, nos premières émotions en concours, nos premières chutes, nos premiers succès.

On leur doit notre confiance, notre progression, notre passion.

Ils sont les piliers de notre apprentissage, les héros discrets de nos histoires équestres.

Alors oui, j’aime un cheval de club.

Et je suis fière de le dire.

Et toi, quel cheval de club a marqué ton parcours ?

Partage-le en commentaire ou viens m’en parler sur Instagram — j’adore découvrir les histoires qui vous ont construits en tant que cavaliers.

Et si tu veux continuer à lire des contenus équestres inspirants, pédagogiques et bienveillants…