Contenu sponso, partenariat… Mode d’emploi – Part 1

29 Jan 26 | Equestrian marketing | 0 commentaires

Temps de lecture : 5 minutes

Disclaimer

Cet article n’a pas vocation à pointer du doigt des marques ou des créateurs en particulier. Il s’agit d’une réflexion globale, nourrie par l’observation, l’expérience et la passion pour la communication digitale appliquée au monde équestre.


Depuis plusieurs années, la communication digitale et le marketing d’influence me passionnent. Et plus j’avance, plus j’ai envie de faire le lien entre ces disciplines… et le monde équestre, qui reste encore très en retard sur ces sujets.

Aujourd’hui, j’avais envie de m’attaquer à un thème parfois inconfortable, parfois tabou :

👉 les contenus sponsorisés, partenariats et placements de produits dans la filière équestre.

Pourquoi maintenant ?

Parce qu’on observe à la fois :

  • un ras-le-bol global du contenu sponso tous secteurs confondus
  • et, paradoxalement, une accélération brutale de ces pratiques dans le milieu du cheval

Résultat : incompréhensions, maladresses, dérives… souvent plus par méconnaissance que par mauvaise intention.

Avant de débattre, mettons-nous d’accord sur les termes. Parce que beaucoup de tensions viennent simplement… d’un vocabulaire mal compris.

🔹 Influenceur / créateur de contenu

Personne ayant développé une communauté engagée, plus ou moins large, autour d’une passion, d’un domaine ou d’une expertise (équitation, soins, matériel, pédagogie, lifestyle équestre…).

🔹 Contenu sponsorisé / partenariat / placement de produit

Création de contenu rémunérée, à la demande d’une marque, dans le but de promouvoir un produit ou un service.

👉 Oui, c’est de la publicité. Et ce n’est pas un gros mot.

🔹 Collaboration

Échange non rémunéré : la marque offre un produit, le créateur le teste et décide (ou non) d’en parler.

👉 Cela reste une contrepartie, donc une forme de partenariat.

🔹 Partenariat long terme / ambassadeur

Relation contractuelle sur la durée, avec rémunération régulière et engagements précis (X contenus par mois, présence sur des événements, visibilité sur les supports…).

🔹 Lien ou code affilié

Système de commission : lorsque l’abonné achète via le lien ou le code, une part revient au créateur.

Pourquoi ce ras-le-bol généralisé du contenu sponsorisé ?

Soyons honnêtes : on a tous saturé.

Quand les marques et les agences ont compris la puissance du marketing d’influence, la machine s’est emballée. Très vite.

  • mêmes produits partout
  • mêmes discours
  • mêmes visuels
  • mêmes phrases copiées-collées de briefs

Résultat : des feeds uniformes, lisses… et profondément déshumanisés.

À force, ça sonne faux.

On ne sait plus ce qui est un vrai coup de cœur et ce qui est une obligation contractuelle.

Petit retour en arrière : l’âge d’or de la confiance

À l’époque des blogs (notamment beauté et lifestyle), les créateurs étaient perçus comme de véritables conseillers.

On leur faisait confiance parce que :

  • ils testaient vraiment les produits
  • ils osaient dire quand ça n’allait pas
  • ils ressemblaient à « monsieur et madame tout le monde »

Puis les créateurs sont sortis de leur chambre.

Ils se sont professionnalisés.

Les marques ont flairé le potentiel.

Les budgets sont arrivés.

👉 De nouveaux métiers sont nés.

Et sur le papier, tout le monde y gagnait :

  • les marques vendaient mieux
  • les créateurs pouvaient vivre de leur travail
  • les communautés bénéficiaient de contenus plus qualitatifs

Mais…

Quand le business prend le pas sur la sincérité

C’est là que les dérives apparaissent.

Dans certains secteurs (lifestyle, beauté, télé-réalité), on a assisté à une surexploitation totale du marketing d’influence :

  • placements à chaque story
  • discours incohérents
  • produits promus sans aucune crédibilité

Difficile de faire confiance à :

  • une femme enceinte qui vend des gélules minceur
  • une personne aux facettes dentaires qui vante un blanchiment
  • un créateur qui change d’avis à chaque partenariat

Le public n’est pas idiot.

Il observe. Il compare. Il doute.

Et dans le monde équestre ?

Le milieu équestre est encore en retard, mais il avance vite. Parfois trop vite.

Les marques tentent de rattraper le temps perdu via :

  • des campagnes ambassadeurs
  • des envois massifs de produits
  • des collaborations peu cadrées

Le risque ?

Importer les mêmes travers que dans d’autres secteurs… sans avoir pris le temps de poser un cadre sain.

Transparence et authenticité : les piliers indispensables

Dans le monde équestre plus qu’ailleurs, la transparence est essentielle.

Pourquoi ?

  • parce que les communautés sont souvent très jeunes
  • parce que le matériel est cher
  • parce que les marques sont parfois peu connues du grand public

Un contenu sponsorisé doit être clairement identifié.

Pas en tout petit. Pas de façon ambiguë.

👉 La transparence ne fait pas fuir.

👉 Elle renforce la confiance.

Les erreurs les plus fréquentes à éviter

1️⃣ Trop de contenus sponsorisés

Si chaque post devient une pub, l’audience se lasse.

Un créateur reste suivi pour sa passion, pas pour son catalogue.

2️⃣ Accepter des produits hors de son expertise

Tu parles dressage ? Inutile de vendre des compléments de CCE.

La crédibilité repose sur la cohérence.

3️⃣ Copier-coller le brief de la marque

Un bon partenariat s’adapte au ton, aux valeurs et au vécu du créateur.

4️⃣ Oublier la responsabilité envers son public

Quand ton audience est jeune, tu ne peux pas pousser à la surconsommation sans réfléchir.

Ne vous bradez pas : votre travail a de la valeur

Petit rappel essentiel :

👉 consommer du contenu est gratuit

👉 le produire ne l’est pas

Créer du contenu demande :

  • du matériel
  • du temps
  • des compétences
  • de l’énergie mentale

Les marques le savent très bien.

Si elles te contactent, c’est parce que ta capacité de prescription a de la valeur.

Tout travail mérite salaire.

Même (et surtout) dans le monde du cheval.

Conclusion

Le marketing d’influence n’est ni le diable, ni une solution miracle.

C’est un outil puissant, à condition d’être utilisé avec intelligence, éthique et cohérence.

Et si cet article t’a fait réfléchir :

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